L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
-----------------------

Version courte ici
Montréal, le 21 juin 2006 – Toutes les universités québécoises connaîtront un déficit en 2006-2007. Rendant publique cette information le 16 juin dernier, la journaliste Marie-Andrée Chouinard faisait écho aux doléances des recteurs des universités québécoises qui dénoncent depuis longtemps les conditions de financement avec lesquelles ils doivent composer. Au quotidien, les professeures et professeurs en subissent de nombreuses conséquences.
La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) considère que l’insuffisance du financement public a atteint la limite tolérable et alerte à nouveau le gouvernement québécois quant aux effetsinsoutenables que fait porter le sous-financement chronique des universités sur leur fonctionnement.
Depuis plus de dix ans, les universités ont été encouragées à diversifier leurs sources de financement. En ce qui touche leurs missions premières d’enseignement et de recherche, les universités se sont engagées dans une course aux « clientèles », aux subventions et aux commandites de recherche. Dans la même foulée, elles ont rationalisé leurs ressources.
Alors que l’effectif étudiant est en croissance, le corps professoral des universités québécoises, au nombre de 8 765 en 2004, n’avait toujours pas atteint celui relevé dix ans plus tôt avant les coupures budgétaires massives. Les tâches se sont alourdies. Le nombre moyen d’étudiants par professeur avoisine 21,37 même si le ratio jugé souhaitable est de 18,5. Les groupes-cours au premier cycle sont surchargés pendant que le nombre de programmes aux cycles supérieurs se multiplie. Les professeures et professeurs consacrent une proportion toujours croissante de leur travail à la préparation de demandes de financement pour leurs projets de recherche, une forte pression s’exerçant sur eux afin que les subventions obtenues puissent servir à attirer des étudiants en leur garantissant des bourses et des contrats comme assistants de recherche. Des corps réguliers d’emploi ont été abolis ou touchés sévèrement par les rationalisations des ressources. En conséquence, les universités comptent de plus en plus sur des ressources précaires, chargées et chargés de cours et personnel de recherche, pour leur fonctionnement.
En dépit des efforts pour diversifier les sources de financement avec les risques de dérives que cela entraîne et malgré les compressions et rationalisations, l’endettement universitaire s’accroît. La FQPPU considère que le temps est venu de régler le problème.
Les universités québécoises ont besoin d’un engagement ferme et constant de la part du gouvernement du Québec afin qu’il mette à leur disposition des subventions stables sur un horizon de planification d’au moins cinq ans. Le financement public doit assurer aux universités la capacité de remplir les responsabilités toujours grandissantes attendues d’elles dans la société du savoir. La FQPPU considère en outre que le financement doit être octroyé de manière à préserver l’autonomie universitaire face aux bailleurs de fonds tant publics que privés ainsi que la liberté académique et les conditions de travail des professeures et professeurs et de l’ensemble du personnel académique des universités.