L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
-----------------------

Version courte ici
Montréal, 7 février 2007 - La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) s’étonne de la manière dont se déroule la consultation des administrateurs universitaires au sujet d’une remise en question du gel des droits de scolarité au Québec. Elle demande au gouvernement plus de rigueur dans le débat concernant cet enjeu crucial pour l’accessibilité aux études supérieures. Il est urgent de sortir ce dossier d’une stricte analyse budgétaire afin de traiter du financement des universités et de l’accessibilité aux études supérieures dans leur ensemble.
En demandant aux administrateurs universitaires de s’exprimer sur cette question alors même qu’ils font rapport devant la Commission de l’éducation pour faire valoir leurs performances tout en soulignant leurs besoins financiers, le gouvernement leur offre une tribune pour réclamer le dégel des droits de scolarité. Certains y relient même, de manière tout à fait arbitraire, la hausse des frais de scolarité à la compétitivité et à la qualité de l’éducation. D’autres, peu nombreux mais plus prudents et mieux avertis sur l’enjeu que représente un tel dégel, invitent à un plus large débat public.
En utilisant la tribune privilégiée de la Commission parlementaire pour donner aux seuls administrateurs universitaires l’espace pour s’exprimer sur la question des droits de scolarité, le gouvernement contourne le débat démocratique et évite de convier l’ensemble des groupes parties prenantes à la vie universitaire et représentant la société civile à se prononcer sur cette importante question pour l’avenir du Québec.
On s’étonne d’autant plus du procédé que le gouvernement a confié à la professeure Valérie Vierstraete un mandat d’étude sur « la question des droits de scolarité, des incitations fiscales aux particuliers et de l’aide financière aux études » dont on attend les conclusions. Par ailleurs, nous savons que plusieurs études concernant la contribution des droits de scolarité au financement des universités présentent des points de vue divergents, dont les plus récentes qui viennent d’être publiées par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) et la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL).
Dans son mémoire à la Commission de l’éducation en 2004, la FQPPU recommandait au gouvernement qu’il fasse précéder toute modification de la politique des droits de scolarité d’un large débat public qui soit spécifiquement consacré à cette question et qui soit alimenté d’études évaluatives et prospectives, en s’assurant que le déroulement d’un tel débat s’inscrive dans le cadre de l’objectif du maintien de l’accessibilité universelle.
La FQPPU presse donc le gouvernement d’ouvrir au plus tôt un large débat public sur l’accessibilité aux études supérieures dans le cadre du refinancement des universités.