L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
Montréal, le 30 mars 2004 – Nous ne serions sans doute pas loin de la vérité si nous disions, même en l'absence de statistiques officielles à cet égard, que l'écrasante majorité des organismes qui ont jusqu'ici fait des représentations devant la Commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités au Québec réclament de toute urgence une augmentation substantielle de la contribution gouvernementale au financement des universités. Le montant de 375 millions de dollars établi par l'étude conjointe de la CREPUQ et du MEQ, publiée en janvier 2003, est le chiffre le plus souvent mentionné pour quantifier le manque annuel à gagner des universités québécoises par rapport aux universités du reste du Canada.
M. Jean A. Roy, président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) déclare que le budget que vient de présenter le ministre des Finances, M. Yves Séguin, est entièrement silencieux quant à cet enjeu capital d'une société dont le gouvernement se targue pourtant de vouloir la faire « briller parmi les meilleures ». Même si à première vue les chiffres laissent croire à une augmentation de 113 millions de dollars du financement des universités (soit de 6,7 %) pour l’année 2004-2005, il s’avère que pour l’essentiel, au delà des coûts de système, cette augmentation est attribuable à l’accroissement des effectifs étudiants. Par conséquent, aucun montant d'argent neuf n'est proposé.
On nous rétorquera que les travaux de la Commission parlementaire sont à peine commencés et qu'il faudrait poursuivre une réflexion qui, aux yeux du monde universitaire, apparaît pourtant bien superflue, compte tenu du constat de sous-financement universellement partagé et sans cesse réitéré depuis des années. Au minimum, il aurait été dans l'ordre de poser un premier geste à cet égard et d'annoncer des engagements pour les années à venir. Or, rien de cela dans le budget! En dépit de ce besoin criant, le Ministre a décidé de procéder à une première tranche de la baisse des impôts à laquelle il s’était engagé lors de la campagne électorale, se privant ainsi des fonds nécessaires au financement des besoins prioritaires en santé et en éducation.
Rien non plus dans le budget en ce qui a trait à une mesure relativement peu coûteuse qui s'imposait après l'injustifiable réduction intervenue en mars dernier dans le dernier budget, soit le rétablissement du niveau et du rythme de croissance du financement des trois organismes gouvernementaux qui octroient des fonds à la recherche scientifique au Québec, à savoir le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) et le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC). Pour l’essentiel, l’allocation de ressources à ces fonds est maintenue en termes nominaux dans ce budget, ce qui se traduit par conséquent par une détérioration effective en termes réels.
De fait, le seul volet de subvention à la recherche qui fasse l’objet d’une augmentation significative dans ce budget est celui du Soutien à la recherche et à l’innovation. Le choix de privilégier ainsi la recherche dont les résultats sont immédiatement commercialisables s’inscrit parfaitement dans la perspective mise de l’avant par le gouvernement fédéral depuis le Rapport Fortier, publié en 1999, une perspective à laquelle le gouvernement du Québec a pleinement adhéré par la suite et qui préoccupe grandement le milieu universitaire.
Cette discutable allocation budgétaire ne peut nous faire oublier que le véritable problème se situe dans l’insuffisance de fonds qui confronte le Ministre des Finances du Québec. En effet, le budget du ministre des Finances du Canada, M. Ralph Goodale, présenté la semaine dernière, a une fois de plus fait ressortir cette criante anomalie d'un gouvernement fédéral regorgeant de fonds et tentant chaque fois davantage de les utiliser en empiétant illégalement sur les champs de compétence des provinces alors que celles-ci sont privées des ressources nécessaires à la réalisation de leur responsabilités, en particulier en matière de santé et d'éducation. Il va sans dire que la FQPPU réitère son appui au gouvernement dans ses efforts pour continuer à réclamer le règlement du déséquilibre fiscal.