L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
Le 25 août 1999
Dans une déclaration émise aujourd’hui, la présidente de la FQPPU, Madame Arpi Hamalian, se dit réconfortée des conclusions auxquelles est arrivé le «Rapport d’étape – Juin 1999», rendu public aujourd’hui par la Commission des universités sur les programmes (CUP) et présenté au Ministre d’État à l’Éducation et à la Jeunesse, Monsieur François Legault. Le rapport de la CUP vient appuyer clairement les résultats de l’enquête de la FQPPU, L’impact des compressions budgétaires sur la formation des étudiantes et des étudiants et les conditions du travail professoral, publiée en décembre 1997. Madame Hamalian souligne en particulier les conclusions de la CUP en ce qui touche la réduction du corps professoral :
«La réduction du corps professoral est l’aspect le plus inquiétant sur lequel la Commission a eu à se pencher; on ne saurait trop insister sur la fragilité de notre système universitaire si nous perdons sa matière première que sont les cerveaux. Le développement de la recherche comme la qualité de la formation en dépendent. Alors que nous clamons que nous sommes entrés dans une ère de l’économie du savoir, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser s’effondrer l’échafaudage résultant de trente-cinq ans d’efforts concertés.» (ch. 4, conclusion, p. 25)
Plusieurs documents, produits depuis plus de trois ans par la FQPPU, avaient déjà alerté le milieu universitaire et le ministère de l’Éducation de l’urgence de la situation. Les analyses de la FQPPU établissaient alors le même lien que la CUP aujourd’hui entre cette situation et la qualité de la formation. L’extrait suivant du Rapport de la CUP vient illustrer l’effet de la réduction du corps professoral sur les programmes et sur la qualité de l’encadrement et de la formation des étudiants :
«Elle a une conséquence directe sur le ratio étudiants en équivalence au temps complet (EETC)/professeur. Ce ratio était déjà plus élevé dans les universités québécoises que dans les autres universités canadiennes et, davantage encore, que dans les universités publiques américaines, sans parler des universités privées chez nos voisins du Sud. Or, nos universités ont vu leur situation relative se détériorer au cours des dernières années.
Ce ratio est devenu inquiétant à peu près partout, mais il est devenu alarmant et, à vrai dire, inacceptable en certains secteurs : 30,3 en éducation en 1997 par exemple.
Les conséquences de cet état de fait sur les programmes sont évidentes. On assiste déjà à l’appauvrissement des programmes. Des pans entiers d’une discipline sont abandonnés suite au départ de ceux qui les représentaient et qu’on ne peut pas remplacer. Les universités ne publicisent pas ces lacunes de peur de se dévaloriser elles-mêmes auprès de leurs clients potentiels, mais elles n’en sont pas moins une réalité que la Commission a pu constater.» (p. 22)
En plus, le «Rapport d’étape» de la CUP établit encore une fois le lien direct entre les coupures budgétaires et l’érosion imminente des fondations mêmes du réseau universitaire québécois.
«Après son examen attentif des deux tiers des secteurs disciplinaires, la Commission se voit contrainte de lancer un cri d’alarme : les compressions budgétaires extrêmement importantes des dernières années ont mis en péril la capacité collective des universités québécoises d’offrir une programmation universitaire de qualité en raison principalement, de la réduction draconienne des effectifs professoraux et de l’incapacité dans laquelle se trouve la plupart des établissements de renouveler leur corps professoral. Le problème est omniprésent, mais il se manifeste avec une acuité particulière dans certains secteurs.» (pp. 21 et 22)
Cela veut dire qu’il n’appartient pas au Gouvernement de choisir les programmes ou les institutions qui, mieux que d’autres, mériteraient un financement «ciblé». Le réinvestissement doit se faire dans le respect du principe fondamental de la responsabilité des universités en matière de formation.
La présidente de la FQPPU, Madame Arpi Hamalian, a dit souhaiter que le Gouvernement accorde une attention privilégiée à ces résultats. Elle souligne à nouveau le bien-fondé des revendications de l’ensemble des membres de la Fédération pour un financement renouvelé et un réinvestissement massif et immédiat dans le réseau universitaire. Les faits, les chiffres sont là et ils sonnent l’alarme!
Le Gouvernement devrait trouver dans ces rapports successifs tous les éléments qu’il faut pour réviser sa politique s’il veut vraiment défendre la qualité et les acquis remarquables de notre système universitaire québécois.