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Déclaration de la FQPPU à l'occasion de l'accession de Bernard Landry au poste de Premier Ministre du Québec, le 8 mars 2001

Réinvestir massivement dans les universités doit devenir une priorité. Restaurer la confiance dans les structures de participation démocratique en est une condition préalable.

Le 7 mars 2001 - À l’occasion de son accession au poste de Premier Ministre du Québec, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) en appelle à M. Bernard Landry pour qu’il respecte intégralement les engagements pris lors de la dernière campagne électorale du Parti Québécois et l’an dernier lors du Sommet du Québec et de la jeunesse et qu’il procède aux réinvestissements promis dans l’Éducation en général et dans le secteur universitaire en particulier. Toute réduction éventuelle du niveau déjà insuffisant de ces réinvestissements serait tragique pour les universités.

Devons-nous le rappeler de nouveau? Au cours des cinq années qui ont précédé la promesse de la reprise du financement gouvernemental l’an dernier, les universités québécoises ont subi des chutes significatives des moyens mis à leur disposition ainsi qu’une dramatique détérioration des conditions de l’enseignement et de la recherche universitaires, dont l’importance pour l’avenir du Québec est pourtant vitale. Il faut être conscient de ce que depuis 1993, le soutien gouvernemental aux activités d’enseignement et de recherche par étudiant a augmenté de 20 % en termes réels aux États-Unis, alors qu’il déclinait de 13 % pendant la même période au Canada. Il faut absolument que cette tendance soit renversée et que l’écart entre nos universités et les universités américaines cesse de se creuser.

C’est pourquoi nous ne pouvons qu’exprimer nos plus vives préoccupations face aux hypothèses de nouvelles compressions de 400 millions de dollars évoquées au début de février, peu après l’annonce de la démission du Premier Ministre, M. Lucien Bouchard. Même si on a tenté de nous rassurer par la suite en affirmant que les engagements gouvernementaux seraient respectés, le doute ne sera dissipé dans notre esprit que lorsque ces engagements seront écrits explicitement dans les crédits de dépenses et les chiffres du budget de la prochaine année, qui seront présentés sous peu par le président du Conseil du trésor et le Ministre des Finances.

Il serait intolérable qu’on sacrifie à la contrainte du déficit zéro ou à l’objectif de la baisse des impôts une relance des dépenses dans l’éducation qui est absolument nécessaire.

Nous voulons également profiter de l’entrée en fonction du nouveau Premier Ministre pour le saisir de notre opposition, maintes fois exprimée, à la méthode calquée sur les pratiques de l’entreprise privée, mais entièrement inadaptée à la réalité universitaire, des « contrats de performance », imaginée par le Gouvernement pour l’attribution du financement gouvernemental aux universités. Autant un financement gouvernemental adéquat est-il nécessaire, autant il nous apparaît fondamental de réaffirmer que ce financement doit être attribué dans le respect le plus strict de l’autonomie universitaire et des critères de qualité de formation que les universités doivent tout faire pour préserver. À titre d’exemple, il est inconcevable que les universités soient poussées à sacrifier la qualité des diplômes décernés, en raison de l’objectif purement quantitatif qui leur est désormais imposé d’en augmenter le nombre.

Nous demandons au nouveau Premier Ministre de respecter les engagements du Gouvernement par :

  • Un réinvestissement dans le réseau universitaire tel que promis au Sommet du Québec et de la jeunesse :
    • pour permettre l’embauche des 1500 professeurs qui manquent dans le réseau universitaire québécois en raison des restrictions budgétaires des six dernières années;
    • pour assurer la mise à jour des bibliothèques, laboratoires, ateliers et l’engagement du personnel auxiliaire de recherche et d’enseignement;
    • pour continuer l’embauche des professeurs réguliers, sur une base récurrente pour chaque année à partir de 2001-2002, afin de garantir le niveau des effectifs professoraux nécessaires à travers le réseau universitaire québécois.
  • Un réinvestissement dans la recherche universitaire québécoise sans contrainte de ciblage particulier :
    • pour permettre aux universités de conserver leur indépendance de pensée et d’exécuter leur devoir de critique;
    • pour maintenir dans la société québécoise les possibilités de la recherche libre et fondamentale que seule l’Université peut garantir;
    • pour préserver l’autonomie nécessaire aux universités dans la réalisation de leur mission d’éducation et de recherche.
  • Une amélioration du financement des coûts de système selon une formule adaptée aux besoins criants du réseau universitaire :

Sans ces garanties à long terme, les établissements universitaires ne disposeront d’aucune marge de manœuvre pour sortir de la crise dramatique dans laquelle la politique gouvernementale de coupures budgétaires des six dernières années les a plongés.

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a été fondée le 16 mai 1991. Elle regroupe 20 syndicats et associations rassemblant environ 8 000 professeures et professeurs des universités québécoises.

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