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L'éducation est la grande perdante du débat des chefs

Le 18 novembre 1998

Montréal- Malgré son importance primordiale pour l'avenir de notre société, l'éducation a été la grande absente et la grande perdante du débat télévisé du 17 novembre entre les chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué rendu public aujourd'hui, le président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU), M. Roch Denis, déclare: «Au-delà des spéculations superficielles sur la performance de chacun des chefs de parti, deux constats ressortent de cet événement médiatique: d'une part, l'éducation a été, à toutes fins pratiques, exclue du débat; d'autre part, les trois chefs ont fait montre d'une extraordinaire identité de vue sur la politique du déficit zéro.»

Le chef du gouvernement sortant s'est fait fort de proclamer que, désormais, le Québec ne dépensera plus au-dessus de ses moyens. «Ces propos, souligne M. Denis, peuvent donner à penser que, dans le domaine de l'éducation en particulier, le Québec a vécu depuis plusieurs années au-dessus de ses moyens et a trop dépensé. C'est faux, rétorque le président de la FQPPU qui estime que l'éducation ne devrait pas figurer dans la colonne des dépenses, mais dans celles des investissements publics majeurs pour l'avenir

En ce qui concerne les universités, le dirigeant de la Fédération constate que les engagements pris par les partis dans la présente campagne électorale sont loin d'offrir aux établissements une véritable perspective de redressement budgétaire. Les universités ont subi des compressions sans précédent de près du tiers de leur budget en cinq ans et le gouvernement sortant, au lieu de décréter un moratoire immédiat sur les compressions, laisse plutôt entendre que l'arrêt des coupures ne surviendra qu'après l'atteinte du déficit zéro, c'est-à-dire dans plusieurs mois.

M. Denis rappelle que, selon un récent sondage CROP effectué pour le compte de la FTQ et portant sur les priorités des Québécois, 84 % d'entre eux optent pour la qualité des services en santé et en éducation tandis que seulement 18 % choisissent les réductions d'impôt et 11 % l'élimination du déficit. «On ne peut que constater, affirme le président de la FQPPU, que l'unanimité des chefs à l'égard du déficit zéro se réalise sur une autre politique que celle correspondant aux attentes de la population

M. Denis condamne vivement cette politique et rappelle les exigences de la FQPPU dans la présente campagne électorale en ce qui concerne le financement des universités:

  1. Arrêt immédiat des compressions.
  2. Réinvestissement immédiat dans le financement des universités et élaboration d'un plan de réinvestissement pour les prochaines années afin de permettre aux établissements d'engager de nouveaux professeurs et de pourvoir à leurs besoins criants en matière de financement de la recherche, de bibliothèques, d'équipement scientifique et de personnels de soutien.
  3. Indexation des salaires du personnel des universités comme c'est le cas dans le secteur public et en particulier dans les Cégeps.
  4. Indexation des coûts du système, ceux reliés par exemple aux avancements d'échelon.
  5. Financement de la croissance des autres dépenses qui est souvent, dans le domaine de la science et de la technologie en particulier, plus élevée que la croissance observée dans d'autres domaines.

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