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La FQPPU rend publics aujourd'hui les résultats de l'enquête qu'elle a fait mener par trois chercheurs universitaires sur l'impact des compressions budgétaires dans les départements universitaires

Le 12 décembre 1997

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université rend publics aujourd’hui les résultats de l'enquête qu'elle a fait mener par trois chercheurs universitaires sur l'impact des compressions budgétaires dans les départements universitaires.

Réalisée au début de l'année 1997 par une équipe composée de madame Christine Piette, professeure à l'Université Laval, monsieur André Trembay, professeur à l'Université d'Ottawa, avec la collaboration de monsieur Michel De Sève, professeur à l'Université Laval, l'enquête a été conduite auprès des 518 directeurs de départements dans toutes les universités québécoises. Plus de 45 % d'entre eux ont répondu au questionnaire qui leur était adressé.

Les résultats sont les suivants:

Au chapitre de la formation des étudiantes et des étudiants, l'enquête révèle que :

  • il y a diminution du nombre de cours dans la moitié des départements (surtout en Arts, sciences humaines et sociales) et cette diminution est attribuable en tout ou en partie, selon 92 % des directeurs, aux compressions budgétaires. Elle représente pour 80 % d'entre eux, (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité de la formation ;
  • il y a augmentation du nombre d'étudiants par cours dans la moitié des départements (surtout en Arts, sciences humaines et sociales) et cette augmentation est attribuable en tout ou en partie aux compressions, selon 77 % des directeurs. Elle représente pour 77 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité de la formation ;
  • il y a diminution des heures d'auxiliaires d'enseignement dans la moitié des départements (surtout en Sciences naturelles et génie) et cette diminution est attribuable en tout ou en partie aux compressions, selon 92 % des directeurs. Elle représente pour 77 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité de la formation ;
  • il y a diminution des budgets pour outils pédagogiques dans 60 % des départements (surtout en Sciences biomédicales) et cette diminution est attribuable en tout ou en partie aux compressions, selon 90 % des directeurs. Elle représente pour 77 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité de la formation.

Au chapitre des conditions du travail professoral, l'enquête révèle que :

  • il y a diminution des budgets internes pour la recherche dans 85 % de l'ensemble des départements et cette diminution est attribuable en tout ou en partie aux compressions, selon 100 % des directeurs. Elle représente pour 96 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration des conditions du travail professoral ;
  • il y a diminution des ressources matérielles dans 84 % des départements (surtout en Sciences biomédicales) et cette diminution est attribuable en tout ou partie aux compressions selon 81 % des directeurs. Elle représente pour 93 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité des conditions du travail professoral ;
  • il y a diminution du personnel de soutien dans 84 % des départements (surtout en Sciences naturelles et génie où plus de 80 % des départements sont touchés) et cette diminution est due en tout ou partie aux compressions selon 98 % des directeurs. Elle représente pour 93 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité des conditions du travail professoral ;
  • il y a diminution des postes de professeurs dans 64 % des départements (et ce dans tous les secteurs) et cette diminution est attribuable en tout ou partie aux compressions, selon 96 % des directeurs. Elle représente pour 87 % d'entre eux (selon une gradation qui va de beaucoup à un peu) une détérioration de la qualité des conditions du travail professoral.

En ce qui a trait aux universités et aux champs disciplinaires les plus affectés quant aux conditions de la formation étudiante:

l'Université de Montréal et l'Université Concordia ;

Le secteur Sciences naturelles et génie.

En ce qui a trait aux universités et champs disciplinaires les plus affectés quant aux conditions du travail professoral:

L 'Université Concordia, l'Université McGill et l'Université de Montréal ;

Le secteur des Sciences naturelles et génie.

Quant à la situation spécifique des professeurs en début de carrière (plus souvent des femmes):

  • Les effets des compressions sur leurs conditions sont estimés être négatifs dans près de 80 % des départements selon 100 % des directeurs de ces départements.

L'atmosphère de travail:

  • Elle est affectée dans plus de 80 % des départements et ce, de façon négative dans 93 % des cas. Cette dégradation de l'atmosphère (tensions dans les rapports entre les personnes, esprit de concurrence, course aux subventions...) est constatée partout, mais surtout aux universités de Montréal, Concordia et McGill.

***

L'enquête de la FQPPU est la première du genre à être réalisée sur le phénomène des compressions budgétaires dans les universités. Le président de la FQPPU, Roch Denis, a dit souhaiter que le Gouvernement et la ministre de l’Éducation accordent un examen attentif à ces résultats. «On nous a souvent reproché de ne pas prouver le bien-fondé de nos revendications pour un meilleur financement des universités et pour l'arrêt des compressions budgétaires. Eh bien, on ne pourra plus nous adresser ce reproche. Les faits, les chiffres sont là et ils parlent! Le Gouvernement devrait y trouver tous les éléments qu'il faut pour réviser sa politique de compressions, s'il veut continuer de prétendre qu'il défend la qualité et les acquis remarquables de notre système universitaire», a déclaré le président de la FQPPU.

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