L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
Montréal, le 8 avril 1998 -- La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université appuie les revendications des professeurs de l’École Polytechnique qui ont décidé le 7 avril, en assemblée générale, par une majorité de 68 %, de donner un mandat de grève à l'exécutif de leur association. Ce vote survient alors que la convention collective des professeurs est échue depuis trois ans.
Une des principales demandes des enseignants de Polytechnique concerne le nombre de professeurs réguliers. Il est passé de 238 en 1993-1994 à 208 actuellement. Or, les coupures budgétaires effectuées par l'administration de Polytechnique ces dernières années l'ont été essentiellement à même la masse salariale des professeurs qui est passée de 22,5M$ à 19,5M$, soit une diminution de 13 %. La direction de l'établissement voudrait pouvoir continuer de réduire encore plus la taille du corps professoral en comptant sur les départs d'une soixantaine d'autres professeurs qui ne seraient pas remplacés. L'Association des professeurs (APEP) s'oppose à cette volonté.
Dans une note récente adressée aux professeurs, le président de l'Association, M. Lionel Bertrand, écrit: «Quand nous ne serons plus que 150, que seront devenus nos programmes rescapés de la tourmente, mais aussi que sera devenue la qualité de la formation à l’École Polytechnique de Montréal!».
Au plan normatif, les membres de l'APEP réclament une représentativité plus grande des professeurs dans la gestion académique de l’École, afin que soient assurées la survie des programmes, la qualité de l'enseignement et la détermination adéquate des charges professorales qui n'ont pas cessé de s'alourdir.
En ce qui concerne les salaires, les professeurs demandent pour 1997-1998 une augmentation de 2,5 % des échelles de 1993-1994, rétroactivement au 1er juin 1997, et ils sont prêts à céder leurs primes salariales et la réduction de moitié des primes administratives. Au total, un règlement intervenant sur cette base signifierait pour les professeurs une diminution de revenus de 2 % par rapport à ceux de 1993-1994!
Dans une déclaration émise aujourd'hui, le président de la FQPPU, M. Roch Denis, souligne l'enjeu du nombre de postes dans l'action engagée par les professeurs de l’École Polytechnique. «Je constate que cette revendication est identique à celle des professeurs de l'Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse qui sont en grève depuis le 25 mars. Le lien entre le nombre de professeurs, les conditions de travail et de salaires qui leur sont faites et la qualité de la formation des étudiants actuels et futurs ressort clairement.
Ce sont les professeurs qui, par leur action solidaire, se portent en première ligne contre le processus de dégradation de leurs établissements universitaires» de dire M. Denis qui ajoute: Le règlement négocié satisfaisant que recherchent nos collègues de Polytechnique devrait permettre d'assurer le progrès de l’École alors que les choix budgétaires et l’intransigeance de l'administration ne peuvent conduire qu'à des reculs».
Le président de la FQPPU demande à l'administration de l’École Polytechnique de revenir sur ses positions pour favoriser une solution rapide du conflit.
M. Denis a, d'autre part, lancé un appel aux syndicats membres de la Fédération dans tous les établissements universitaires pour qu'ils témoignent de leur appui à l'Association des professeurs de l’École Polytechnique. La FQPPU regroupe 20 syndicats qui rassemblent eux-mêmes 8 000 professeurs d'université au Québec.