L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
Le 7 juin 1999
Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, la présidente de la FQPPU, Madame Arpi Hamalian déclare que son organisme s’oppose vivement à la vision erronée du ministre de l’Éducation, Monsieur François Legault, selon qui une des solutions aux problèmes de l’Université serait de verser des primes salariales à certains professeurs dans le but de les garder au Québec.
Le système des primes de marché, rappelle Madame Hamalian, existe déjà depuis longtemps dans les universités québécoises. Aussi bien les administrations universitaires que les professeurs en connaissent le fonctionnement. Si ce système n’empêche pas la «fuite des cerveaux» c’est l’indice d’un malaise profond dans le milieu universitaire qu’on ne corrigera pas en créant de nouvelles superprimes. Au contraire.
Tous les indices se conjuguent pour montrer le vrai coupable de la situation actuelle. Le véritable problème, comme ne cessent de le rappeler les principaux acteurs du monde universitaire, réside dans le sous-financement des universités. Le Gouvernement du Québec doit enfin s’ouvrir les yeux, accepter cette évidence et agir en conséquence. Même les données en provenance du ministère de l’Éducation elles-mêmes vont dans ce sens. Elles révèlent, entre autres, que le Québec est bon dernier au Canada dans le domaine des dépenses de fonctionnement des universités et que l’écart qui sépare les salaires des enseignants du Québec de ceux des enseignants des autres provinces se creuse sans cesse. Il faut aussi rappeler que le salaire des professeurs d’université accuse un retard de 30 % par rapport à ce qu’il était au début des années 90. Les jeunes professeurs engagés à ce moment-là n’ont pas eu d’augmentation de salaire depuis leur embauche. De plus, toute une génération de jeunes diplômés, munis de doctorats et de postdoctorats, n’a aucun espoir de pouvoir entrer dans le système universitaire, faute d’emplois. Dans ces conditions, il y a, effectivement, de quoi fuir vers d’autres cieux.
Le sous-financement des universités est responsable de la détérioration des conditions de travail des professeurs, détérioration qui est la cause profonde du malaise ressenti actuellement. Il est la cause du désengagement général dont on peut constater les conséquences néfastes aujourd’hui. Il empêche les universités de recruter les professeurs de carrière dont elles ont besoin pour répondre aux exigences d’une formation universitaire de qualité. Il fait que les universités ne peuvent offrir à leurs professeurs des conditions de travail convenables et comparables à ce qui se fait ailleurs, aussi bien au Canada qu’aux États-unis. Déjà, dans l’ensemble du système universitaire québécois, plus de 1 000 professeurs ont quitté leur emploi, qui pour aller porter ailleurs son expertise, qui pour prendre une retraite, souvent anticipée. Il en résulte un vide dont l’ampleur correspond au nombre de professeurs d’une université comme l’UQAM. En encourageant ces départs par sa politique de compressions budgétaires, le Gouvernement condamne les générations montantes à ne trouver devant elles qu’un système universitaire déprécié et abandonné à une main d’oeuvre à statut précaire permanent.
La FQPPU condamne vivement cette politique et rappelle les exigences maintes fois réitérées au cours des cinq dernières années en ce qui concerne le financement des universités : réinvestissement immédiat dans les universités et élaboration d’un plan de relance pour les prochaines années afin de permettre aux établissements de protéger les postes actuels
de professeurs, d’ouvrir de nouveaux postes et de pourvoir à leurs besoins criants en matière de financement de la recherche, de développement des bibliothèques et d’entretien du matériel scientifique.
La FQPPU tient également à rappeler qu’il n’appartient pas au Gouvernement de choisir les programmes ou les institutions qui, mieux que d’autres, mériteraient un financement accru et bénéficieraient d’un financement «ciblé». Il doit, au contraire, favoriser l’équilibre de l’ensemble du système universitaire dans le respect de l’autonomie des institutions et du principe d’accessibilité pour tous les Québécois.