L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
-----------------------

Version courte ici
Le 8 février 2001 - Pour la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) qui représente 8 000 professeures et professeurs d’université, il est clair que le Gouvernement ne peut, à la fois, prétendre soutenir l’Éducation, en général, et l’Université, en particulier, et les mépriser. Réinvestir massivement dans les universités doit devenir une priorité. Restaurer la confiance dans les structures de participation démocratique en est une condition préalable.
En revenant sur la décision prise au Sommet du Québec et de la Jeunesse d’injecter un milliard de dollars en Éducation, le Gouvernement mettrait en danger les grands objectifs sociétaux d’accessibilité, de développement de l’enseignement et de la recherche et de formation de qualité des citoyennes et des citoyens. De plus, le Gouvernement renierait son engagement d’assurer aux établissements universitaires un niveau de financement public suffisant pour s’acquitter de leur mission fondamentale. Finalement, le Gouvernement irait à l’encontre du principe premier énoncé dans La Politique québécoise à l’égard des universités en faveur du caractère public de l’institution universitaire.
Le rétablissement d’un corps professoral universitaire considérablement réduit et vieilli par des années de compressions budgétaires constitue une exigence incontournable pour que l’Université puisse jouer convenablement son rôle dans la société québécoise. Tout cela est sévèrement menacé une fois de plus par les coupures budgétaires envisagées.
Si le Gouvernement continuait à nier les engagements pris lors du Sommet du Québec et de la Jeunesse et confirmés par le Budget de 2000-2001 du ministre Landry, cela annoncerait le retour à une politique de coupures budgétaires et de désengagement à l’égard des universités. Cette perspective serait néfaste pour la fonction universitaire, notamment en ce qui concerne le renouvellement, le recrutement et la rétention d’un corps professoral de qualité.
Un corps professoral en forte décroissance depuis des années, un corps professoral accablé par une charge de travail considérablement alourdie et des conditions matérielles dégradées, voilà ce qui mine la qualité de nos universités. Il faut sans tarder combler les 1 500 postes de professeurs qui manquent dans le réseau universitaire québécois. S’appuyant sur les promesses faites au Sommet du Québec et de la Jeunesse, les universités ont pris des mesures concrètes pour amorcer le rattrapage à cet égard dans leur planification pluriannuelle en ouvrant de nouveaux postes dans la plupart des secteurs disciplinaires.
Pour redonner au système universitaire québécois toute la qualité réclamée par les jeunes et les partenaires du milieu, il est du devoir du Gouvernement d’assurer aux universités les moyens nécessaires pour garantir la rétention, le renouvellement et le rajeunissement du corps professoral. À cet égard, il ne faut pas perdre de vue que le recrutement en milieu universitaire relève d’une forte compétition à l’échelle nationale et internationale, et que seuls des moyens suffisants pourront permettre aux universités québécoises de tirer convenablement leur épingle du jeu dans ce contexte difficile. Le Gouvernement doit comprendre qu’il importe non seulement de respecter les investissements promis, mais de les augmenter.
L’avenir du Québec passe par une formation de haut niveau, accessible au plus grand nombre de citoyennes et de citoyens. À cet égard, les professeurs d’université sont, avec les étudiants, sur la ligne de front pour mieux assurer l’avenir de la société québécoise. Plus que jamais, les professeurs d’université sont, avec les étudiants, le fer de lance pour l’avenir de la société québécoise.
La FQPPU rappelle que les professeurs d’université ne sont pas de simples observateurs de la scène québécoise, qu’ils ne sont pas les témoins passifs des difficultés dans lesquelles se débattent les jeunes de cette société. Les professeurs d’université sont, jour après jour, aux premières lignes de la réalisation de la mission universitaire. Les professeurs d’université sont, avec leurs étudiants, les principaux artisans en ce qui concerne les questions fondamentales pour l’avenir de la société québécoise.
Le savoir universitaire au cœur de la Société passe par la qualité du corps professoral universitaire et l’accessibilité des jeunes à l’éducation universitaire.
En choisissant de couper dans les budgets de l’Éducation en général et des universités en particulier, le Gouvernement enverrait le signal clair aux étudiants, aux professeurs d’université et à la Société qu’il est prêt à renier son engagement à Mieux assurer notre avenir collectif, tel qu’il l’annonçait lui-même dans la Politique québécoise à l’égard des universités qu’il a adoptée. En voulant, encore une fois, se dégager de ses obligations fondamentales, le Gouvernement mettrait cet avenir en péril.
Le Gouvernement doit revoir ses positions dès maintenant afin que nous ayons clairement les assurances, dès les prochains jours, que les véritables intérêts de la société québécoise et de la jeunesse en particulier, seront respectés dans le prochain budget du Gouvernement et du ministre Landry. Le temps des déclarations vagues et souvent contradictoires est révolu. Il faut rendre publics les détails des mesures entreprises à cet effet.