L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
Tel que convenu lors de nos échanges récents avec M. François Gendron, je vous transmets, par la présente, un résumé très succinct de nos points de vue sur certains enjeux universitaires primordiaux susceptibles d'être abordés par le futur projet de politique à l’égard des universités. Il nous ferait plaisir de discuter avec vous, de manière plus détaillée, de ces enjeux et d'autres questions d'intérêt commun.
À l’occasion du caucus de la rentrée d’aujourd’hui et au nom des 8 000 professeures et professeurs membres des syndicats représentés par la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), nous vous rappelons la situation d’urgence que vivent nos universités et la nécessité de procéder de façon urgente au réinvestissement dans le système universitaire québécois dès maintenant.
En considérant qu’il y va de l’avenir de la jeunesse québécoise, nous estimons :
1) qu’un réinvestissement dans nos universités de 600 millions de dollars doit être inclus dans le prochain budget;
2) qu’un niveau de financement adéquat doit être prévu dans la prochaine politique gouvernementale à l’égard des universités.
La garantie d’un financement de base pour assurer une éducation de qualité est une dimension essentielle de tout projet de politique gouvernementale à l’égard des universités.
La future politique gouvernementale à l’égard des universités devrait assurer aux universités un financement stable pour leur permettre de s’acquitter convenablement du développement des connaissances et de leur responsabilité sociale à l’égard de la formation supérieure des citoyennes et des citoyens.
Une politique à l’égard des universités devrait, selon notre point de vue, d’abord et d’entrée de jeu, apporter un soutien sans restriction aux institutions qui ont la charge et la responsabilité de former les générations montantes, de préparer une relève dans tous les domaines, afin de préserver les acquis considérables réalisés par la société québécoise depuis les années 60, et d’engager l’avenir par une large mobilisation des jeunes dans tous les secteurs de l’activité humaine.
Par ailleurs, nous croyons que le document de politique devrait présenter les priorités gouvernementales selon un ordre et une logique qui suppriment toute équivoque pour ceux et celles qui le consultent et qui assurent qu’un financement adéquat vienne appuyer les grandes orientations. À notre avis, le plan général du document sur la politique à l’égard des universités devrait affirmer les points suivants avant toute autre considération :
1) L’Université est un service public parce que l’éducation et la formation des jeunes, jusqu’à et y compris le niveau universitaire, sont des responsabilités publiques et que l’État doit veiller à la formation de personnes libres, responsables et critiques, actives et engagées dans la société. À ce titre, l’État est donc engagé face aux Universités.
2) La clientèle privilégiée des universités est celle des jeunes qui doivent se consacrer d’abord à leurs études afin d’acquérir les habiletés de base dans la discipline qu’ils auront choisie. L’État doit donc favoriser par tous les moyens la plus large accessibilité des jeunes à l’Université. Toutes les études démontrent que le taux de persévérance des jeunes est d’autant plus élevé qu’ils se consacrent à leurs études à temps plein. Une politique gouvernementale devrait reconnaître ce fait et s’engager à encourager par tous les moyens et le plus possible les études à temps plein. Cela ne nie en rien l’importance de l’éducation continue qui représente un tout autre aspect de la formation. Toutefois, la responsabilité première du Gouvernement et la tâche première des Universités devraient viser en priorité une clientèle de jeunes.
3) Dans cette formation universitaire «première», toutes les disciplines doivent pouvoir s’épanouir : les arts, les sciences humaines et sociales, les sciences de la santé, les sciences de l’éducation, les sciences pures et appliquées. Une politique gouvernementale devrait marquer l’engagement du Gouvernement pour le développement de l’ensemble de ses disciplines, aussi bien du point de vue de l’enseignement que de celui de la recherche, qui sont indissociables à l’Université. Chacune de ces disciplines concourt au développement de personnes au jugement critique éclairé, capables de curiosité intellectuelle et d’imagination créatrice, aux capacités intellectuelles larges, à la capacité d’adaptation à un monde en constante mouvance, etc.
4) Dans une politique gouvernementale, le Gouvernement doit donc s’engager à ce qu’un financement public suffisant soit assuré à toutes les disciplines universitaires. C’est à ce prix que la recherche universitaire demeurera libre et créatrice, ce qui est une condition essentielle à la survie de la recherche fondamentale.
Une fois établis ces principes de base, une fois assurée une hiérarchie des préoccupations en ce qui a trait aux universités, le texte gouvernemental peut se pencher avec toute l’attention que cela requiert, sur les problématiques plus conjoncturelles qui mettent de l’avant la question de la collaboration des universités avec les entreprises ou avec les organismes publics. Il y a déjà dans le réseau une longue tradition bien établie de cette collaboration.
Nous croyons qu’un texte de politique qui affirmerait d’abord les grands principes généraux auxquels nous avons fait allusion, gagnerait en crédibilité et en force, car il hiérarchiserait mieux ce qui est permanent dans le rôle des Universités et dans leur lien avec l’État et ce qui ressort de la conjoncture, plus fluctuants par définition, et donc plus susceptible d’être affectée par les changements à venir dans les prochaines décennies.
Si la politique à l’égard des universités traite les réformes organisationnelles et structurelles et la rationalisation des programmes qui sont en cours dans les universités comme des préalables au nécessaire redressement du niveau de financement public des universités, elle sera reçue comme apportant une caution à la politique gouvernementale des réductions budgétaires. Il y a lieu (comme dans la Santé) de reconnaître les effets désastreux des compressions massives sur la qualité de la formation : la détérioration des ratios professeur/étudiants dans les universités québécoises, la dégradation de la documentation dans les bibliothèques, la pénurie des équipements scientifiques adéquats en constituent des exemples criants. Cette situation n'aide en rien les efforts de concertation et de réformes académiques. Elle leur fait obstacle en relançant, notamment, les conditions de la concurrence interinstitutionnelle pour la course aux clientèles étudiantes. À notre avis, dans les conditions actuelles, le projet de politique à l’égard des universités ne saurait passer sous silence les effets du sous-financement public des universités.
VOTRE appui et l’appui du Gouvernement aux universités devraient être proclamés sans équivoque dès aujourd’hui.
J'espère que ces observations vous permettront de mieux saisir l’urgence d’agir aujourd’hui et de faire en sorte que la politique du gouvernement à l’égard des universités garantisse un avenir stable à nos universités. Il en va de l’avenir de notre jeunesse et de notre société.
La présidente de la Fédération,
Arpi Hamalian
AH/dp