L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
23 juillet 2001 – Par cette loi, adoptée en juin 2001, le Gouvernement du Québec crée trois Fonds pour soutenir et promouvoir la recherche :
La Loi place chacun de ces Fonds sous la responsabilité d’un président-directeur général qui, en principe, doit être un chercheur confirmé. Cependant, compte tenu de l’importance de la tâche, on peut s’inquiéter de voir la gestion de ces Fonds dériver vers des administrateurs peu familiers avec les défis quotidiens des chercheurs.
Par ailleurs, on peut s’interroger sur l’à-propos d’associer la culture aux sciences sociales, aux arts et aux lettres. Certes, la démarcation est difficile entre arts, lettres et culture, cette dernière couvrant un spectre immensément large. Cependant, on peut s’interroger à savoir si la production culturelle peut être considérée sur le même plan que la recherche dont la finalité est l’avancement des connaissances ?
Il est à craindre que ce mélange des genres produise des tiraillements, au détriment des chercheurs de part et d’autre.
La Loi prévoit que les trois présidents-directeurs généraux (PDG) forment un comité de coordination pour assurer la cohérence, la complémentarité et l’harmonisation des programmes et des actions des Fonds. Autrement dit, ce comité permanent de PDG, agira de façon conviviale, selon les termes du Ministre, pour partager et délimiter les champs respectifs dans lesquels ils exerceront leur juridiction. Cet aspect de la Loi est particulièrement inquiétant car il est à craindre que cette « harmonisation » ne soit soumise aux sensibilités des PDG qui, tout chercheurs qu’ils soient, adoptent certaines perspectives personnelles. Il est à craindre que pendant longtemps les chercheurs de certains secteurs disciplinaires ne soient ballottés d’un Fonds à l’autre et subordonnés aux disponibilités budgétaires.
De plus, il existe de nombreux secteurs de recherche émergents situés aux extrêmes limites des disciplines qui chevauchent la juridiction respective des trois nouveaux Fonds, par exemple : environnement-pharmacologie, informatique-génétique, épidémie-activité sociale, neurone-génie etc. Même s’il est prévu dans la Loi qu’en dernier ressort, le Ministre arbitre les conflits issus du partage des responsabilités, cela ne rassure guère, car il n’existe aucune balise, ni règle qui gouverne les mécanismes de division et délimitation des champs de juridiction et, par conséquent, les ressources financières.
Ceci n’est pas sans conséquence pour l’évaluation des projets de recherche, surtout ceux situés aux confins d’une sphère de recherche débordant sur plusieurs disciplines, ce qui est très fréquent dans une optique pluridisciplinaire, particulièrement encouragée de nos jours. En outre, en période de budget constant, comme c’est souvent le cas, il est à craindre que des tractations entre les Fonds se fassent au détriment des chercheurs.
Selon la lecture qu’elle fait de la Loi 33, la FQPPU fait les recommandations suivantes :
Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC)
Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (Fonds NATEQ) et le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ)