L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
La présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), madame Arpi Hamalian, veut profiter de la présente campagne électorale au Canada pour rappeler certains principes fondamentaux défendus par la FQPPU en faveur d’universités libres, compétitives et de haut niveau et demander aux candidats de se prononcer sur ce sujet.
La présidente rappelle que l’excellence dans l’Université passe d’abord par la qualité et l’importance de ses effectifs, notamment celles des professeures et des professeurs. Ceux-ci doivent disposer d’un milieu de travail adéquat et pouvoir compter sur des moyens convenables et suffisants pour réaliser les missions d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité qui leur sont confiées.
À cet égard, la FQPPU réaffirme sa conviction que l’Université doit demeurer un service public dont le financement relève principalement des Gouvernements. Pour sa part, le gouvernement fédéral doit assurer une responsabilité fondamentale à l’égard de l’éducation postsecondaire, dans la mesure où il doit effectuer aux provinces les transferts nécessaires et suffisants pour assurer le fonctionnement des programmes universitaires et subventionner adéquatement la recherche universitaire.
Madame Hamalian rappelle qu’après plusieurs années de compressions budgétaires en milieu universitaire, il est impérieux que le refinancement s’instaure rapidement, notamment en matière de recherche. Il est urgent que les grands conseils subventionnaires canadiens se voient dotés de fonds substantiellement augmentés. Dans cette optique, la FQPPU exige, au nom des quelque 8000 professeurs québécois qu’elle représente, que le Gouvernement double les budgets des trois conseils subventionnaires : CRSNG ( Conseil de recherche en sciences naturelles et génie); CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines du Canada) et le IRSC (Instituts de recherche en santé du Canada). C’est là une condition nécessaire pour que la recherche universitaire puisse apporter une contribution significative au plan international.
Par ailleurs, estime la présidente de la FQPPU, l’incapacité de ces organismes à soutenir adéquatement les étudiantes et les étudiants des cycles supérieurs, en raison de leur sous-financement chronique, demeure particulièrement troublante et augure mal pour la préparation de la relève scientifique du pays. Elle insiste pour dire que ce soutien doit être revu et augmenté de façon significative.
De plus, madame Hamalian rappelle que le gouvernement fédéral ne paie toujours pas les frais indirects de la recherche universitaire financée par les conseils subventionnaires. Cette situation déplorable et inadmissible doit être immédiatement corrigée.
En outre, madame Hamalian insiste pour rappeler combien il est important d’assurer aux universités les moyens nécessaires pour faire avancer la recherche libre et fondamentale, un type de recherche que les universités sont à peu près les seules à pouvoir réaliser dans notre contexte national.
À plusieurs occasions, la Fédération s’est élevée vigoureusement contre toutes les tentatives qui sont faites pour appliquer aux universités des financements ciblés ou conditionnels. À nouveau, elle soulève cette question fondamentale qui pourrait mettre en péril l’autonomie universitaire et la liberté académique. Par exemple, il n’est pas à l’honneur du Canada que le taux de financement de la recherche universitaire par l’entreprise privée se situe au niveau le plus élevé des pays du G-7, car cela traduit le désengagement désastreux du Gouvernement en cette matière. Il est de la plus grande importance que le Gouvernement assume sa responsabilité de redresser la situation en doublant ses investissements dans les organismes subventionnaires qui financent la recherche universitaire. Il faut que la part du financement fédéral de la recherche universitaire qui atteint à peine 41 % au Canada rejoigne rapidement un niveau comparable à celui des autres pays développés (76 % aux États-Unis).
La FQPPU réitère sa vive opposition à l’idée de confier aux universités une quatrième mission consacrée à la commercialisation de la recherche universitaire. Cette vision marchande et naïve pourrait compromettre gravement la liberté et l’universalité, deux principes qui sont au cœur de l’Université.
Finalement, au nom de la Fédération, madame Hamalian réclame avec insistance le rétablissement des effectifs professoraux qui ont été décimés au cours des dix dernières années. En définitive, il faut bien se rendre compte que les professeures et les professeurs sont les principaux artisans de la recherche universitaire.