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Budget fédéral - « Le rétablissement d'un financement adéquat des universités reporté encore une fois » constate Madame Arpi Hamalian, la présidente de la FQPPU

La part du lion à la « sécurité »

Montréal, le mardi 11 décembre 2001 - Le ministre des Finances du Canada, Paul Martin, dans son budget présenté lundi le 10 décembre devant la Chambre des communes, a donné la part du lion des dépenses fédérales à la « sécurité », dotant la GRC, le SCRS et les forces armées d'un montant global de 7,7 milliards de dollars à dépenser sur une période de cinq ans. Madame Arpi Hamalian, la présidente de la Fédération, constate que tous les autres objectifs sont subordonnés à cet objectif de la « sécurité ». Sans réduire l’importance d’assurer la sécurité des citoyens contre d’éventuelles attaques terroristes, la FQPPU ne peut qu’exprimer sa crainte devant un tel déploiement de moyens financiers destinés à « donner du corps » aux projets de loi adoptés ou en voie de l’être par le Parlement canadien au nom de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité nécessaire des citoyens. À cet effet, la Fédération vient d’exprimer sa réserve dans une lettre ouverte adressée au président du Sénat du Canada, intitulée Détruire la démocratie au motif de la défendre. L’arsenal de la loi antiterroriste : nécessité ou prétexte.

Les opportunités manquées par le budget du 10 décembre. 

« Il faut constater que les appels des syndicats et des associations démocratiques, dont celui lancé le 7 décembre par la FQPPU, la FEUQ, le Conseil national des cycles supérieurs de la FEUQ et la CSQ n'ont pas été entendus » déclare Madame Hamalian. Nous mettions en effet en garde le ministre Martin contre la tentation « d'investir de façon exagérée dans les forces armées ou dans une sécurité excessive » et souhaitions que « le gouvernement fédéral joue un rôle de stabilisation économique », accède « aux demandes des provinces pour l'éducation, la santé et les programmes sociaux », « améliore le soutien aux chômeurs et accélère les projets d'infrastructures ». Nous reformulions encore une fois notre demande relative à un rétablissement du financement de l'enseignement postsecondaire et de la recherche universitaire.

Nous ne pouvons que déplorer le fait que l'oreille du ministre ait été plus attentive à d'autres voix. Son budget ne souffle mot des surplus confisqués au cours des dernières années aux travailleuses et aux travailleurs à partir des cotisations au régime d'assurance-emploi et utilisées aux fins de l'élimination d'un déficit dont Paul Martin est considéré comme le démiurge, ni ne propose de mesures d'amélioration de ce régime. Il ne souffle mot non plus des milliards de dollars dont les personnes âgées ont été privées au chapitre du régime du Supplément de revenu garanti, ni ne propose de mesures pour remédier à une aussi scandaleuse usurpation de droits. La seule mesure de « stimulation de l'économie » qu'il propose, la mise sur pied d'une Fondation de l'infrastructure stratégique pouvant être dotée d'une somme maximale de 2 milliards de dollars, est en fait le contraire d'une mesure de stimulation de l’économie. Mis à part le fait que la création d'une telle fondation n'est nullement justifiée, il faut être conscient de ce qu'elle ne permettra d'investir dans les infrastructures que si l'argent devient disponible par ailleurs. C'est donc dire que, loin de stimuler l'économie, ces investissements n'auront lieu que si l'économie, stimulée par d'autres moyens, rend disponibles, en tant que surplus, les sommes nécessaires.

Les universités doivent encore attendre…

S'il faut se réjouir de ce que le ministre annonce que les dépenses prévues au chapitre de la santé, de l'éducation et des services sociaux dans le budget présenté en février 2000 et dans les deux mises à jour qui l'ont suivi en octobre 2000 et mai 2001 ne seront pas diminuées, mais seront intégralement maintenues, souligne Madame Hamalian, « la FQPPU ne peut que déplorer qu'il ait, comme la ministre Pauline Marois pour le Québec, reporté encore une fois à plus tard le rétablissement d'un financement adéquat des universités dont l'absence ne peut qu'entraîner des conséquences néfastes sur notre avenir. »

Cette obstination du gouvernement fédéral à ne pas rétablir le niveau de ses transferts aux provinces pour leur permettre de s'acquitter d'obligations dans des champs qui leur sont exclusivement reconnus de par la Constitution canadienne, ne peut que nous renforcer dans notre conviction de la nécessité de récupérer au Québec les points d'impôt qui lui reviennent à cet effet, comme la FQPPU l'a fait valoir dans le mémoire qu'elle a déposé auprès de la Commission sur le déséquilibre fiscal mise sur pied par le gouvernement du Québec.

La situation de la recherche universitaire reste précaire.

« Une disposition de ce budget doit toutefois retenir notre attention » déclare Madame Hamalian : la décision du gouvernement, après tant d'années de demandes formulées en ce sens par la FQPPU de faire les premiers pas pour assurer désormais le financement des frais indirects de la recherche universitaire. Cette disposition, il va sans dire, n'aura de véritable valeur que si elle couvre l'ensemble de la recherche subventionnée par les conseils fédéraux et non la seule recherche subventionnée dans le cadre des chaires fédérales de recherche créées en vertu du programme institué par le gouvernement dans son budget de 2000-2001. Madame Hamalian rappelle encore une fois que « les montants prévus pour le financement des coûts indirects de la recherche devraient être récurrents et devraient être augmentés pour atteindre au moins le niveau de 40 % des fonds prévus pour les subventions à la recherche. »

Et il faudra que la relève professorale y ait accès…

Le gouvernement aurait dû faire un grand effort pour doubler les fonds alloués aux organismes subventionnaires et la FQPPU est déçue de ne voir qu’un effort très timide à ce niveau dans le budget Martin. Par ailleurs, estime la présidente de la FQPPU, « l’incapacité de ces organismes de soutenir adéquatement les étudiantes et étudiants des cycles supérieurs, en raison de leur sous-financement chronique demeure particulièrement troublante ». En définitive, il faut bien se rendre compte encore une fois que les professeures et professeurs sont les principaux artisans de la recherche universitaire. Cela veut dire qu’au moment où les universités canadiennes commencent à embaucher un nombre important de nouveaux professeures et professeurs, il faut leur garantir l’accès aux fonds de recherche. « Le soutien aux étudiants des cycles supérieurs et aux jeunes professeurs doit être revu et augmenté de façon significative. C’est d’ailleurs un des moyens nécessaires pour faire avancer la recherche libre et fondamentale que les universités sont à peu près les seules à pouvoir réaliser dans notre contexte national » insiste la présidente de la FQPPU. « Cet investissement dans la relève universitaire est la meilleure façon d’assurer notre avenir et devrait attirer la part du lion dans les prochains budgets » conclut Madame Hamalian.

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) regroupe 20 syndicats et associations rassemblant quelque 8000 professeures et professeurs des universités québécoises.

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