L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
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Version courte ici
Cette conclusion, au cœur du Rapport final de la Commission des universités sur les programmes (CUP), vient confirmer la position défendue par la FQPPU depuis le début des travaux de la CUP.
Le 19 mai 2000 - Dans une déclaration émise aujourd’hui, la présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), Madame Arpi Hamalian, invite le ministre d’État à l’Éducation et à la Jeunesse, Monsieur François Legault, à lire avec une attention particulière le rapport final intitulé Pour une vision concertée de la formation universitaire : diversité et complémentarité, que la Commission des universités sur les programmes vient de déposer aujourd’hui après trois années d’études. Ce rapport, très riche en nuances, ne saurait être réduit aux seules 28 recommandations qu’il énonce.
Le Rapport final de la CUP affirme plusieurs grands principes mis de l’avant par la FQPPU dans son document de 1997 intitulé L’Université comme service public ainsi que dans ses nombreux mémoires déposés auprès du ministre Legault lors des consultations sur La Politique québécoise à l’égard des universités et dans ses interventions au Sommet du Québec et de la jeunesse.
Le Rapport final de la CUP souligne l’importance de préserver «le patrimoine académique de base» dans toutes les universités québécoises afin de mieux assurer l’accessibilité aux études universitaires et insiste à nouveau sur la vision de l’université défendue par la FQPPU « l’université n’est ni une école technique ni un laboratoire de recherche industrielle», mais la société «n’en espère pas moins des retombées concrètes de ses investissements majeurs dans l’enseignement universitaire, notamment sur le plan de la formation des générations qui contribueront demain à son progrès culturel, social et économique.»(page 21)
La FQPPU a toujours soutenu que deux conditions sont essentielles au développement du réseau universitaire québécois : l’embauche des professeurs réguliers et le renforcement des disciplines fondamentales. Ces conditions sont aussi soulignées dans le Rapport final de la CUP.
À cet égard, Madame Hamalian voit la confirmation de cet aspect fondamental contenu au cœur des conclusions du rapport final : « …Mais, par-dessus tout, les universités devront embaucher des professeurs. Car, de toutes les décisions qui se prennent dans une université, les plus importantes ont trait à la constitution du personnel enseignant. Ce sont elles, en effet, qui déterminent, pour des années à venir, le profil d’une université et son niveau de compétence. Les universités devront planifier avec le plus grand soin l’accroissement et le renouvellement de ce personnel au cours des prochaines années. Elles n’ont pas le droit de se tromper et l’on peut penser que le ministère de l’Éducation aura, à cet égard, certaines attentes. »(page 50)
Le Rapport final de la CUP reconnaît que les universités québécoises ont répondu avec beaucoup de prévoyance et de compétence au développement des programmes qui correspondaient aux besoins de la société. Elles ont tellement bien réussi que l’on constate aujourd’hui « …un déplacement de l’effectif étudiant des programmes « disciplinaires » vers les programmes professionnels, des sciences pures vers les sciences appliquées et des sciences sociales vers les domaines d’application. » (page 40)
Malheureusement, les fondations mêmes sur lesquelles les professeurs ont bâti ces programmes sont maintenant en péril, remarque Madame Hamalian. Ce constat est très bien démontré dans le Rapport final de la CUP : « La physique, les mathématiques, la sociologie, la linguistique, les études anciennes se voient, par exemple, délaissées au point que l’avenir de la formation dans ces disciplines ou champs d’études est menacé. Certaines données recueillies par la Commission sont alarmantes à cet égard et des renseignements obtenus depuis la publication de plusieurs de ses rapports tendent à montrer que la situation se détériore. » (page 40)
Cela souligne encore une fois, rappelle madame Hamalian, que le réinvestissement doit se faire dans le respect du principe fondamental de la responsabilité des universités en matière de programmation et de la formation de la relève scientifique, tant pour l’avenir de l’Université que pour celui de notre société.
La FQPPU salue le travail ardu et de longue haleine consenti volontairement par plus de 500 professeurs, directeurs de programmes, étudiants et autres partenaires universitaires et signale l’importance des mesures de mise à jour des 24 rapports proposées par les recommandations 2 et 9 du Rapport final de la Commission des universités sur les programmes.
Par ailleurs sur le plan stratégique, le Rapport final de la CUP mise beaucoup sur la concertation et les collaborations interuniversitaires pour mieux assurer le fonctionnement en système : « … c’est à un effort important de réflexion commune et de dialogue, dans la perspective d’un système universitaire fonctionnant en concertation dans l’offre des programmes et dans le développement de la recherche, que la Commission convie les universités » (page 52).
C’est pourquoi Madame Hamalian veut rappeler encore une fois au ministre François Legault l’urgence de la création d’une Commission nationale des Universités, permanente, publique, indépendante et multipartite chargée de promouvoir le développement du réseau universitaire dans sa totalité, de préserver l’intégrité de l’Institution et le respect des principes qui la fondent, en particulier la liberté académique et l’autonomie institutionnelle, d’aviser et de conseiller le gouvernement et les composantes de la communauté universitaire sur toute question relative à l’enseignement, à la recherche, à la formation des étudiantes et des étudiants et au financement.