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"L'urgence d'un réinvestissement inconditionnel dans nos universités est plus que jamais à l'ordre du jour." - Pour l'ensemble des partenaires universitaires, il est plus important que jamais de se faire entendre fort et ensemble

Le 6 juin 2000 - C’est ainsi que la présidente de la FQPPU, Madame Arpi Hamalian, dénonce, dans un communiqué de presse rendu public aujourd’hui, la politique de financement conditionnel des universités poursuivie par le Gouvernement.

Dès la première semaine du mois d’avril, suite à la publication du document de travail sur la politique de financement du ministère de l’Éducation, les partenaires universitaires, en particulier la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) et la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) ont dénoncé avec beaucoup de rigueur les intentions du Ministre et de ses conseillers et se sont élevés contre leur attitude outrageuse, voire arrogante. Ils ont rappelé à tour de rôle leur droit d’être écoutés et respectés et leur ferme volonté d’être des acteurs de développement de l’Université comme service public.

  • FEUQ, le 4 avril 2000: “En n’octroyant un refinancement qu’aux seules universités qui accepteront de se soumettre au chantage d’un “contrat de performance”, le ministre de l’Éducation François Legault s’abandonne à un réflexe d’homme d’affaires qui prend toute la communauté universitaire en otage.”
  • FQPPU, le 6 avril 2000: “La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université dénonce le document ministériel... Pour la FQPPU, ce document est irrecevable... Le ministre de l’Éducation vient d’accoucher d’un projet de financement des universités qui illustre jusqu’à quel point il n’a toujours pas compris la richesse du réseau universitaire québécois dont il est en train d’étouffer la générosité et le dynamisme par des mesures mercantiles sans précédent dans le monde de l’éducation et totalement inadaptées au développement des universités… C’est qu’il n’a pas compris la nature de sa responsabilité face à l’enseignement et à la recherche universitaires.”
  • Et finalement, la CREPUQ enchaîne par une mise en garde le 7 avril 2000 : “Le réinvestissement dans les universités est essentiel, mais pas à n’importe quel prix.”

Malheureusement, le Ministre persiste avec insouciance dans son plan d’un réinvestissement conditionnel, sans comprendre que la mise en péril de l’Université relève d’une responsabilité très lourde de conséquences. “ Quel rendez-vous prépare-t-il avec les générations à venir?” demande Madame Hamalian.

C’est pourquoi, le 5 mai dernier, le Conseil Fédéral de la FQPPU, qui représente 8000 professeurs des universités québécoises, a adopté à l’unanimité une résolution demandant le retrait pur et simple des “contrats de performance”.

Les compressions imposées par le Gouvernement aux universités depuis six ans s’inscrivaient dans l’effort collectif en vue d’atteindre le déficit zéro. Maintenant que l’équilibre est atteint et que le Gouvernement dispose de surplus confortables, il devient impérieux que les finances des universités soient rétablies afin qu’elles puissent reprendre la voie de l’enseignement et d’une recherche de qualité.

Telle n’est pas la réponse du Gouvernement. Loin de reconnaître le tort fait aux universités par les compressions, le ministre Legault menace de les laisser dans cette situation impossible si elles ne se plient pas à des exigences de mesures de contrôle additionnelles à celles qui existent déjà.

Les universités comme la FQPPU ont toujours souscrit à l’idée que les administrations universitaires doivent gérer leurs institutions de façon transparente et en rendant compte au public. Ce qui est inacceptable, c’est d’ajouter à la reddition de compte existante de nouvelles contraintes auxquelles le rétablissement d’un financement normal de base est désormais lié.

Le Ministre relègue l’Université à un rôle relativement subordonné. Nos universités devraient-elles s’accommoder de cette situation et accepter de n’être que les réceptacles des mesures coercitives qui menacent la nature même de leur mission? En cela, l’Université n’est pas seule. Bien que de façons différentes et à des degrés divers, d’autres institutions de notre société (par exemple : santé et services sociaux) subissent les effets pervers de ce genre de politique. Cependant, c’est le rôle de l’Université que d’être le critique de ces changements. “C’est pourquoi la FQPPU ne peut pas cautionner cette politique dirigiste envers les universités” déclare Madame Hamalian.

Les professeurs d’université ne sont pas que des observateurs de la scène québécoise, ils ne se résignent pas à être des témoins passifs des difficultés dans lesquelles se débattent les universités et les citoyens de cette société, en particulier les jeunes. Les professeurs d’université sont, jour après jour, les premiers artisans pour la réalisation de la mission universitaire. Ils assurent la formation des chercheurs, des cadres, des entrepreneurs et des enseignants de demain. Sans eux, le système sur lequel repose l’avenir de notre société devient inopérant.

La FQPPU, plus que jamais, proclame la position cohérente prise par ses membres : “Collectivement, nous ne pouvons pas prétendre à la fois soutenir l’Université et la mépriser. Réinvestir massivement dans les universités est une priorité, réinstaurer les structures de participation démocratique en est une condition préalable” conclut Madame Hamalian.

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