L’IMPACT DES POLITIQUES
DE L’INNOVATION SUR LA
RECHERCHE UNIVERSITAIRE :
SYSTÈMES NATIONAUX ET
RÉSEAUX MONDIAUX
par
Pierre Milot ![]()
-----------------------

Version courte ici
Bulletin de la FQPPU - vol. 4, no 3
SPÉCIAL GOUVERNANCE
Non à une intervention gouvernementale à la pièce
Non à une loi sur la gouvernance universitaire
Oui à des États généraux sur l’université québécoise
Depuis l’automne, la FQPPU et ses syndicats membres se mobilisent pour dénoncer l’inefficacité de l’approche du gouvernement Charest et de sa ministre de l’Éducation face aux problèmes cruciaux de mal-financement et de gestion managériale qui affectent les universités québécoises et menacent leur capacité à remplir leurs missions d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité.
Fin mars, la FQPPU lançait une pétition en ligne conviant le milieu universitaire et toute personne intéressée à marquer leur opposition à une loi et à réclamer des États généraux sur l’université québécoise. Si ce n’est déjà fait, nous vous réitérons l’invitation à joindre votre signature à celles recueillies.
Des journées de réflexion se sont tenues cet hiver dans plusieurs universités et des interventions se poursuivent auprès des médias et des intervenants politiques afin de sensibiliser à l’importance de réunir tous ceux et celles qui se préoccupent de l’avenir de l’université québécoise dans un débat large et serein sur cette institution fondamentale et les enjeux de sa gouvernance.
À l'occasion de son Conseil fédéral du 30 avril, la FQPPU proposait aux syndicats membres et aux représentantes et représentants de la Table des partenaires universitaires une table ronde sur la gouvernance universitaire avec les professeurs Alain Dupuis (Téluq-UQAM) et Hélène Machinal (Université de Bretagne occidentale - Brest).
Les solutions managériales ? Un non-sens pour les organisations professionnelles de services humains à mission complexe
La proposition du Rapport de l’IGOPP, dont s’inspirait fortement le premier projet de loi Courchesne déposé à l’automne 2008, selon laquelle un conseil d’administration composé d’une majorité de membres externes et « indépendants » serait le gage d’une meilleure gestion des universités, est une idée sans fondement dans les travaux des spécialistes de la gouvernance universitaire.
C’est ce que souligne d’emblée dans sa communication Alain Dupuis, professeur de management à la Téluq-Uqam, co-directeur du Cergo (Centre de recherche conjoint Enap-Téluq sur la gouvernance des entreprises publiques) et auteur de Managérialisme ou collégialisme dans la gouvernance des universités ? Le cas des projets immobiliers de l’UQAM.
Bien au contraire, les études, dont celles du chercheur britannique Michael Shattock, démontrent que ce sont les universités « managériales » et non les universités collégiales qui vivent de graves problèmes de gouvernance. Et cela se comprend, les « externes » faute d’avoir une connaissance approfondie des métiers et de la culture universitaires dépendent du recteur pour leur compréhension et sont portés à s’en remettre à son avis, particulièrement quand ce dernier partage une même vision entrepreneuriale. En revanche, les internes représentant les instances académiques sont les plus critiques. L’exemple de l’UQAM montre bien que ce sont les professeurs qui, au conseil d’administration, avaient sonné l’alarme et tenté vainement d’infléchir les décisions qui ont mené aux dérives immobilières.
Dans une organisation à la mission complexe et intangible ayant recours à un fort « capital humain », les droits de décision et de contrôle doivent être distribués parmi les fournisseurs du « capital humain », les porteurs de la mission, plaide Alain Dupuis. Pour améliorer la gouvernance universitaire, il faut davantage de démocratie institutionnelle, pas moins, conclut-il.
L’université n’est pas une entreprise;
le savoir n’est pas une marchandise
LRU – Mobilisation en France contre les réformes de la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités.
Maître de conférences à l’Université de Brest, Hélène Machinal présentait un état des lieux au dernier Conseil fédéral de la Fédération.

Appelée aussi loi Pécresse (du nom de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche), la LRU change fondamentalement le système de gouvernance des universités françaises et par un décret récemment adopté, le statut des enseignants-chercheurs. Instaurée en 2007 pour donner aux universités plus d’autonomie financière et de moyens selon leur performance, cette loi est décriée par ses opposants qui dénoncent la marchandisation des savoirs et la concurrence entre établissements qu’elle provoque.
Ce que cache la LRU, dit Hélène Machinal, c’est d’une part, un très grand retard dans les moyens alloués à la formation supérieure et à la recherche, une volonté de désengagement de l’État à l’égard de ses universités et, d’autre part, la disparition des processus démocratiques et la mise en place d’une concurrence effrénée entre enseignants-chercheurs, laboratoires et facultés.