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Bulletin de la FQPPU - Novembre 2006

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Sommaire

PRIORITÉS 2006-2007 DE LA FQPPU

Le Comité exécutif a retenu quatre (4) thèmes prioritaires pour 2006-2007:

  • le financement des universités, financement de base et financement de la recherche;
  • le renouvellement du corps professoral;
  • la place et le rôle des professeures et professeurs dans la conduite des affaires académiques et dans la gestion des universités;
  • les technologies de l’information et des communications et leurs impacts sur l’avenir des universités et pour la tâche professorale;

et un enjeu à portée internationale,

  • la lutte contre l’inclusion des activités universitaires dans les négociations de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) et la solidarité syndicale.

Les priorités d’action incluent aussi des interventions publiques, la défense des intérêts et des positions des membres ainsi que l’amélioration des pratiques internes de communication, de débats et de gestion.

L’INSTITUTION UNIVERSITAIRE : SON RÔLE DANS LA SOCIÉTÉ, SA MISSION ET SES MÉCANISMES DE RÉGULATION

La FQPPU a présenté, le 22 septembre, un mémoire devant la Commission de la recherche et de l’enseignement supérieur (CERU) du Conseil supérieur de l’éducation (CSE). Dans le cadre de la préparation d’un avis au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), la CERU consultait les organisations directement concernées par l’avenir des universités sur le thème L’institution universitaire : son rôle dans la société, sa mission et ses mécanismes de régulation. Dans son mémoire, la FQPPU a rappelé les missions fondamentales des universités ainsi que les valeurs à préserver et à promouvoir afin que l’institution universitaire assume le rôle spécifique qui est le sien dans la société. Elle a également souligné l’importance que les universités adoptent des structures décisionnelles et des mécanismes de gestion et de régulation qui servent l’accomplissement des missions universitaires et permettent de mettre en valeur tout leur potentiel, constitué essentiellement des personnes qui font l’université.

FINANCEMENT DES UNIVERSITÉS

La question du financement des universités retiendra l'attention tout au cours de l'année. Depuis la période estivale, la FQPPU a fait connaître ses positions et elle s’est associée à ses partenaires canadiens et québécois afin d’intervenir publiquement au sujet du financement des universités.

Le financement des universités : urgence d’agir – 21 juin 2006

La rentrée sera difficile: les surplus s'accumulent à Ottawa et les universités crient toujours famine - 25 juillet 2006

Pour un réinvestissent sans conditions dans les universités – 8 août 2006

Le réinvestissement en enseignement supérieur: une situation d'urgence qui exige une hausse immédiate des transferts fédéraux - 17 novembre 2006

Le Comité sur le financement des universités formé au printemps 2006 a repris ses travaux sur la base du mandat qui lui a été confié par le Conseil fédéral. Il s’affaire à recueillir et à analyser les données relatives aux budgets des universités afin d’informer ses membres et de leur permettre de prendre des positions éclairées au sujet des différents enjeux qui concernent le financement des universités.

Le syndicat des professeurs et professeures de l'UQAM (SPUQ) a amorcé le printemps dernier (SPUQ-info no. 249, avril 2006) une série de chroniques sur le financement des universités. La première de ces chroniques se veut une mise en contexte destinée à éclairer l'ensemble du processus: Gaétan Breton, Le définancement, une tendance mondiale (p. 10-11). Dans le même numéro, on peut lire un autre texte qui fait le lien entre le financement des universités, la gestion universitaire et la mission de l'université; il s'agit d'un texte du professeur Gérard Baudet, de l’Université de Montréal, L’Université de Montréal à l’heure de la performance (p. 8-9), d’abord paru dans Le Devoir du 10 mars 2006.

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DES NOUVELLES DU CONSEIL FÉDÉRAL

L’ÉDUCATION, À L'ABRI DE L'AGCS ? – RIEN DE MOINS SÛR, SELON CLAUDE VAILLANCOURT

Invité par la FQPPU à prononcer une conférence à son Conseil fédéral du début novembre, Claude Vaillancourt de l’association ATTAC-Québec, a fait une démonstration éloquente de la menace que l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) fait peser sur l’éducation.

Romancier, professeur de littérature, secrétaire général d’ATTAC-Québec (Association québécoise pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne), Claude Vaillancourt réfléchit depuis un bon moment au phénomène croissant de la marchandisation systématique des services. Il vient de faire paraître chez Écosociété Mainmise sur les services. Privatisation, déréglementation et autres stratagèmes.

À son avis, notre système d’éducation n’est pas à l’abri d’une offensive de l’AGCS visant sa libéralisation. Déjà un groupe présidé par la Nouvelle-Zélande, dont font notamment partie l’Australie, les États-Unis et le Japon, cherche, malgré la suspension des travaux du cycle de Doha, à susciter une plus grande inclusion de l’éducation supérieure dans l’Accord. On sait que des négociations bilatérales et plurilatérales continuent en coulisses. Or la position du Canada, soutient Claude Vaillancourt, est d’une remarquable ambiguïté. D’un côté, on prétend protéger l’éducation publique, mais on se dit prêt à faire preuve d’ouverture en ce qui concerne l’éducation privée, tout en ajoutant du même souffle qu’on ne dit pas que cette position n’évoluera pas à l’avenir.

Compte tenu que les budgets des universités proviennent de sources diverses dont les frais de scolarité et les commandites de recherche, où est la frontière entre éducation publique et éducation privée ? Et qui va trancher ? Le tribunal de l’OMC ? Avec son « principe de transparence » selon lequel les États doivent soumettre leurs réglementations au « test de nécessité » et faire la preuve qu’elles ne nuisent pas au commerce ?

Mais on peut agir

L’histoire a montré, dit Claude Vaillancourt, que l’Organisation mondiale du commerce est sensible aux pressions. Ce qui serait intéressant comme position, ajoute-t-il, c’est de réclamer le retrait total du secteur de l’éducation des accords commerciaux. On pourrait s’inspirer de ce qui a été fait dans le domaine de la culture - entre autres par la Coalition québécoise sur la diversité culturelle - où on est en voie d’obtenir le retrait de ce secteur du commerce international. Il faut poursuivre nos pressions à tous les niveaux; au palier provincial puisque qu’en matière d’éducation, le fédéral ne peut rien faire sans l’accord des provinces; au ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce extérieur; au plan international en s’alliant à l’Internationale de l’Éducation. Le métier d’enseignant ne doit pas être abandonné aux gens d’affaires; il faut absolument éviter le naufrage de notre profession, a conclu Claude Vaillancourt.

DEUX COLLOQUES EN PRÉPARATION

En mars 2007 : « Devenir professeur(e) d’université » (titre provisoire)

Sujet de préoccupation majeur à la FQPPU, les conditions de travail des nouvelles et nouveaux professeurs donnaient lieu en avril 2006 à la publication d’une recherche exploratoire, confiée à Nathalie Dyke, et intitulée Le renouvellement du corps professoral dans les universités au Québec. Profil et expérience d’insertion des recrues en début de carrière. L’étude documentait ce parcours du combattant, semé d’embûches, que près du tiers des recrues délaissent à l’intérieur de leurs cinq premières années d’embauche.

Au printemps 2007, le milieu universitaire sera convié à un colloque qui abordera tant la préparation à la carrière et les études doctorales, que l’entrée en poste, les premières années d’embauche, jusqu’à l’intégration et l’accès à la permanence. Composé de Pierre Hébert (Université de Sherbrooke et secrétaire du Comité exécutif de la FQPPU), Nathalie Dyke (chercheure indépendante), Chantal Leclerc (Université Laval) et Frédéric Deschenaux (Université du Québec à Rimouski), le comité organisateur s’affaire à rejoindre des conférenciers d’ici et d’ailleurs qui viendront partager leur réflexion sur ces différents volets de la carrière professorale avec ceux et celles qui les vivent au quotidien. Merci de passer le mot à tous vos collègues en début de carrière.

En mai 2007 à l’ACFAS : « La production et la diffusion du savoir à l’heure des TIC : enjeux pour le travail professoral »

Que vous soyez crack ou « victime » des nouvelles technologies, voilà un colloque-atelier qui d’une part, vous invite à porter un regard critique sur les modes dominants d’implantation des TIC dans les universités et à débattre des effets structurants des décisions sur la tâche professorale et la gestion de la vie universitaire. Mais ce rendez-vous propose aussi d’examiner des modèles alternatifs plus susceptibles de favoriser le respect de l’autonomie universitaire, de l’exercice de la liberté académique et de la mission fondamentale de l’université comme service public.

Proposé par la FQPPU dans le cadre du 75e Congrès de l’ACFAS qui se tiendra à Trois-Rivières du 7 au 11 mai 2007, ce colloque-atelier devrait, dans sa forme même, permettre d’illustrer des applications des TIC à la participation, au débat et à la discussion d’enjeux qui touchent tous les acteurs de l’université. Le comité d’orientation de la FQPPU pour ce colloque sur les TIC, formé de Renée Fountain (Université Laval), Jean-Claude Guédon (Université de Montréal) et François Pettigrew (Téluq-UQAM), assume avec Pierre Lebuis, vice-président aux affaires externes de la Fédération, la responsabilité de l’organisation de ce colloque.

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OBSERVATOIRE DES RÉFORMES UNIVERSITAIRES

L'Observatoire International des Réformes Universitaires (ORUS) s'est constitué en juillet 2002 à partir d'un réseau d'universitaires européens et latino-américains qui ont élaboré une première proposition d'ensemble pour les réformes de l'Université au cours de l'année 2001. La démarche a permis d'identifier, dans différents pays, des innovateurs au sein de l'Université. Ces innovateurs ont deux caractéristiques : ce sont des chercheurs de sens, soucieux d'un nouveau contrat social entre l'Université et le reste de la société; leurs innovations sont fondées en général sur des constats qui mettent en relief les nécessités de changements.

Les programmes d'ORUS permettent de maintenir une réflexion critique permanente sur les questions des réformes en anticipant sur les questions et les problèmes d'actualité, et, en favorisant le caractère prometteur des recherches transdisciplinaires.

Les fiches d'ORUS sont soit des synthèses de documents, soit des résumés d'initiatives proposées par les membres du réseau ORUS. Elles permettent de prendre rapidement connaissance de stratégies ou de propositions de réformes, d'expériences de changements réalisées dans des universités ou encore de diagnostics sur l'enseignement supérieur. Elles donnent accès à des informations complémentaires (documents, contact avec l'auteur ou avec ORUS, liens avec d'autres fiches) ainsi que la possibilité d'enrichir les fiches de vos propres commentaires.

Trois catégories de fiches («Gouvernance et université», «Société et université» et «Transmission de connaissance», sont accessibles.

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OBSERVATOIRE DE LA RÉUSSITE SCOLAIRE

Le Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) à l’Université Laval a lancé au mois de mars dernier l’Observatoire international de la réussite scolaire (OIRS) pour faciliter la comparaison entre les études réalisées aux quatre coins de la planète et pour favoriser les échanges entre les chercheurs.

Essentiellement, le mandat de l’OIRS consiste à recenser la littérature issue des centres de recherche de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Amérique du Sud. Pour chaque article d’importance, une fiche de 400 à 600 mots est rédigée et mise en ligne sur le site Internet de l’Observatoire. Bilingue, le site ne recense pour l’instant que les articles rédigés en français ou en anglais. Bientôt, la littérature en espagnol pourrait aussi être répertoriée.

Les thèmes des articles retenus vont des problèmes de comportement, aux inégalités scolaires, en passant par l’analyse des politiques éducatives ou l’environnement scolaire. « On se concentre sur la période qui s’étend de la maternelle à la fin du secondaire, mais les études postsecondaires ne sont pas entièrement exclues puisqu’on regarde les études qui analysent l’impact des premières années d’éducation sur la réussite à l’université », précise Mme Claire Lapointe, directrice du Centre. Source : Regard planétaire sur la réussite scolaire, Affaires universitaires, mai 2006.

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CORPS PROFESSORAL

PÉNURIE DE PROFESSEURS

Le nombre de scientifiques et d’ingénieurs titulaires d’un doctorat occupant un poste dans les domaines des sciences naturelles et des sciences appliquées augmente; par ailleurs, il risque d’y avoir une pénurie de professeurs universitaires à l’avenir. Est-ce que les titulaires de doctorat délaissent le secteur de l’enseignement pour s’intéresser aux secteurs d’activités plus payants ? À lire: Rendement des études : Comparaisons entre les revenus médians d’emploi des titulaires de doctorat en sciences et en génie et des titulaires de doctorat dans les autres programmes âgés de 35 à 44 ans et travaillant à plein temps pendant toute l’année 2000, dans le Bulletin de l’analyse en innovation de Statistique Canada, p. 15-17.

SALAIRE DU PERSONNEL ENSEIGNANT

Le 11 juillet, Statistique Canada annonçait que des données provisoires (enquête 3101) sur les salaires du personnel enseignant travaillant à temps plein dans 63 universités canadiennes, comprenant plus de 100 enseignants, étaient disponibles pour l'année scolaire 2005-2006. Cette information est recueillie annuellement sous l'égide de Système d'information sur le personnel d'enseignement dans les universités et les collèges.

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LIBERTÉS UNIVERSITAIRES

Les libertés universitaires imposent des responsabilités que les universitaires se doivent de repenser dans le contexte de la globalisation de l’enseignement supérieur.

Le 30 juin 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté la recommandation 1762 sur la liberté académique et autonomie des universités. Le projet de recommandation s’appuie sur les principes suivants: « C’est lorsque les universités sont moralement et intellectuellement indépendantes de toute autorité politique ou religieuse et de tout pouvoir économique qu’elles sont le mieux à même de répondre aux besoins et aux exigences du monde moderne et des sociétés contemporaines. L’obligation de rendre compte, la transparence et l’assurance de la qualité sont des conditions préalables à la reconnaissance de la liberté académique et de l’autonomie institutionnelle des universités. »

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GLOBALISATION ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Afin d’informer ses membres sur les négociations en cours dans le cadre de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), l’Internationale de l’Éducation (IE) publie le bulletin CommercEducation.

L’IE représente une centaine de syndicats et associations de personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche dans le monde. Parmi les questions qui préoccupent l'IE et ses affiliés, on peut citer la liberté académique, la protection des droits de propriété intellectuelle et le droit des personnels à la syndicalisation et à la négociation collective. L'IE s'oppose fermement aux tentatives visant à déréglementer et à privatiser l'enseignement supérieur et la recherche et propose son analyse et une stratégie pour contrer les tentatives d’inclure l’enseignement supérieur et la recherche dans les négociations de l’AGCS. Pour plus de détails, consultez le rapport du groupe de travail mis sur pied pour étudier les interactions entre la mondialisation de l’économie et l’éducation intitulé Rapport de la Task Force sur l’impact de la mondialisation sur l’enseignement supérieur.

Voir aussi Lignes directrices pour des prestations de qualité dans l’enseignement supérieur transfrontalier adoptées par l’UNESCO en 2005. Les Lignes directrices constituent un document opportun et pertinent, qui aborde des questions clés de l’enseignement supérieur dans un contexte de mondialisation croissante, et qui s’adresse tant aux pays développés qu’aux pays en développement.

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LES BRÈVES

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J'AI LU POUR VOUS

Jacques Rouillard (2006) Apprivoiser le syndicalisme en milieu universitaire. Histoire du Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal, Boréal, Montréal.

Par Roger de la Garde, professeur associé, Université Laval.

À l’occasion de son trentième anniversaire d’accréditation, le Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM) a confié un travail de recherche historique à Jacques Rouillard, professeur d’histoire à la même université, spécialiste du syndicalisme québécois et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire sociale du Québec dont Le syndicalisme québécois, deux siècles d’histoire (Boréal, 2004). Parmi ses objectifs, ce travail devait « faire connaître aux plus jeunes collègues les racines du discours syndical actuel » (préface).

L’intérêt et la richesse de cet ouvrage viennent de l’interprétation que l’auteur a donnée au mandat, large, qu’il a reçu du SGPUM. Il a cherché à comprendre comment le « nous » syndical s’est graduellement construit, par étapes, parfois dans la tourmente et la division. C’est ce cheminement des universitaires, cet « apprivoisement » du syndicalisme, qui est l’objet du présent volume. » (p. 12)

Comme toute histoire du syndicalisme universitaire, celle du syndicat de l’Université de Montréal est relativement courte mais ses racines plongent plus profondément dans une sorte de préhistoire «bien en deçà des années 1970».

[…] elle s’est faite dans un climat mouvementé, marqué par une division entre deux générations de professeurs dont les leaders concevaient de manière différente le milieu universitaire et les intérêts des professeurs. Une première étape de conscientisation des intérêts professionnels des professeurs se rattache à la création de l’Association des professeurs de l’Université de Montréal en 1955, qui est elle-même issue de l’Association des professeurs de la Faculté des sciences fondée dix ans auparavant. Dans les années 1930, on commence même à noter un premier mouvement de solidarité avec la formation d’un Comité de professeurs. (p. 12)

Si chaque syndicat universitaire a sa propre histoire, l’ouvrage de Rouillard nous rappelle que ces «histoires» se situent dans un mouvement historique plus large ; celui, d’une part, de la «transformation de l’université qui se bureaucratise» et qui prend de l’expansion et celui, d’autre part, de la naissance du syndicalisme québécois, notamment dans les secteurs public et parapublic. Tout en reconstituant de façon détaillée et rigoureuse la chronologie, mais aussi l’histoire des événements, des hommes et des femmes qui ont marqué cette chronologie et forgé cette histoire, cet ouvrage bien écrit et bien documenté s’ouvre plus largement sur le syndicalisme universitaire au Québec et surtout sur les interrelations, interinfluences et emprunts entre le mouvement syndical dans les secteurs public et parapublic et le mouvement syndical dans le milieu universitaire.

L’ouvrage commence la chronologie des événements qui ont marqué cette Histoire du Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal par l’Assemblée générale des professeurs et formation d’un Comité de propagande pour venir en aide à l’Université de Montréal, le 25 septembre 1933, pour la terminer avec l’acceptation en assemblée générale de l’entente de principe pour une convention collective en vigueur du 1er juin 2005 au 31 mai 2008, le 5 décembre 2005.

L’auteur résume ainsi le long chemin d’apprivoisement parcouru par les professeures et professeurs de l’Université de Montréal « à partir d’une vision associative, participationniste et organique de l’université jusqu’à l’intégration dans leur vie professionnelle d’un modèle syndical qui repose sur l’intention prioritaire de défendre et de protéger les intérêts de ses membres. » (p. 232) À maints égards, ce chemin est aussi celui emprunté par d’autres syndicats universitaires dans la conjoncture commune de la transformation et de la bureaucratisation de l’université québécoise à partir des années 1960 et 1970.

À lire aussi:

Benoît Beaucage (2003) Les trente ans du SPPUQAR (1973-2003). Une histoire de ténacité et de solidarité, SPPUQAR, Rimouski

Louise Pettigrew (1999) Une histoire de solidarité syndicale. Les 25 ans du syndicat des professeurs et professeures de l'Université Laval (1974-1999), SPUL, Québec

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LECTURES

Lamarche, Thomas (dir.). Capitalisme et éducation. Paris: Nouveaux Regards / Syllepses, 2006 (On peut se procurer l’ouvrage auprès de l’Institut de Recherches de la FSU)

ORUS (2003) Université, quel avenir? Propositions pour penser une réforme, Éditions Charles Leopold Mayer

Jennifer Washburn (2006) University Inc.: The Corporate Corruption of Higher Education, Basic Books, New York

Lefebvre, Alain et Trompette, Pascale (eds.) Marchandisation et connaissance(s), Sciences de la Société, no 66, 2005, Presses Universitaires du Mirail

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