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Lettre des membres du PEN-REP

Le 14 juillet 2006

L’Honorable Jean Charest
Premier ministre du Québec
Le Cabinet du Premier Ministre
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage
835, boulevard René-Lévesque Est
Québec (Québec)
G1A 1B4

Monsieur le premier ministre,

Le Réseau pour une éducation publique (REP) regroupe des organisations syndicales représentant des membres du personnel académique et d'autres employés et des organisations étudiantes au Canada et au Québec. Ce réseau a pour mission de promouvoir une éducation publique de qualité.

Le REP vous encourage vivement à profiter de la réunion du Conseil de la fédération qui se tiendra plus tard au cours du mois pour réaffirmer votre engagement en faveur d'une augmentation des paiements de transfert fédéraux réservés à l'éducation postsecondaire. Il est nécessaire, à notre avis, d'accroître ces transferts de 4,9 milliards de dollars pour répondre au besoin pressant d'améliorer l’accessibilité à l’éducation postsecondaire et d'en rehausser la qualité. De plus, les négociations imminentes sur le déséquilibre fiscal nous apparaissent comme la tribune tout indiquée pour remplir les engagements pris à cet égard.

Tout au long des années 1990, le gouvernement fédéral a brusquement réduit les transferts destinés à financer les programmes d'enseignement postsecondaire offerts par les provinces. Depuis 1996, cette réduction avoisine les 6 milliards de dollars si l’on tient compte de l’inflation et ce, malgré d’importants surplus budgétaires permettant au gouvernement fédéral de remédier à la situation.

Dans le contexte d’une demande croissante de formation partout dans l’État canadien, le sous-financement des collèges et des universités s'est traduit par la détérioration des conditions d’études et de travail dans les institutions où des centaines de milliers d'étudiants poursuivent leurs études. De même, cette situation a entraîné un ralentissement marqué du renouvellement du corps professoral, une augmentation du nombre d’étudiantes et d’étudiants dans les salles de cours, une réduction des programmes offerts et des budgets affectés aux bibliothèques et aux laboratoires de plus en plus sous-équipés.

Les pressions croissantes sur le financement des universités et des collèges ont, par voie de conséquence, amené les administrateurs et les dirigeants des établissements à rechercher d’autres sources de financement. Il faut noter, parmi les manifestations les plus inquiétantes, la commercialisation croissante et incessante de la recherche et la hausse injustifiable des droits de scolarité – un problème particulièrement sérieux dans certaines provinces. De ce point de vue, le REP s’inquiète de l'incidence pernicieuse de ces nombreuses années de compressions budgétaires sur la qualité et l'accessibilité de l'éducation postsecondaire dans tout le pays. Il apparaît donc urgent de redresser la situation et d'accroître le niveau de financement.

Il est essentiel que le gouvernement fédéral consente à augmenter les transferts fédéraux réservés à l'éducation postsecondaire d’au moins 4,9 milliards de dollars. Cette somme, si elle était versée dans le cadre d'un transfert réservé à l'éducation postsecondaire, sans condition aucune pour le Québec, permettrait aux provinces de mieux s'acquitter de leurs responsabilités en matière d'éducation.

Pour permettre aux provinces d'atteindre les objectifs d'un meilleur financement de l'éducation postsecondaire, ces sommes doivent être destinées à favoriser l'accessibilité universelle des jeunes et des adultes aux réseaux publics. Nous demandons aux premiers ministres de s’engager publiquement à faire en sorte que l'accroissement du financement public serve à appuyer les objectifs suivants :

  • favoriser l’accessibilité des études postsecondaires à toutes les personnes qualifiées, sans obstacles d’ordre financier ou géographique;
  • promouvoir un enseignement de qualité;
  • offrir un éventail de programmes d’études;
  • favoriser la liberté académique, qui assure l’autonomie pédagogique et intellectuelle des membres du corps professoral et qui soutient la recherche libre et indépendante;
  • soutenir la direction collégiale et une gestion publique des institutions.

Nous vous rappelons que vos homologues des autres provinces et vous-même avez déjà réclamé une augmentation immédiate des transferts destinés à l'éducation postsecondaire. Compte tenu de son urgence, cette question doit être réglée sans délai et devrait figurer parmi les priorités du processus de règlement progressif du déséquilibre fiscal qui sera amorcé à l'automne. Par conséquent, nous vous invitons en votre qualité de premiers dirigeants des provinces à demeurer vigilants et à rappeler au premier ministre Harper qu'il a promis d'accroître les transferts fédéraux affectés à l'éducation postsecondaire et qu'il doit porter cette somme à 4,9 milliards de dollars.

Nous vous prions d'accepter, monsieur le premier ministre, l'expression de nos sentiments distingués.

Greg Allain, président
Association canadienne des professeures et professeurs d’universit
é

Amanda Aziz, présidente nationale
Fédération canadienne des étudiantes et étudiants

Christian Bélair, président
Fédération étudiante universitaire du Québec

Larry Brown, Secrétaire-trésorier national
Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public

Barbara Byers, Vice-présidente exécutive
Congrés du travail du Canada

Claudette Carbonneau, présidente
Confédération des syndicats nationaux

Paul Moist, Président national
Syndicat canadien de la fonction publique

Réjean Parent, président
Centrale des syndicats du Québec

Cécile Sabourin, présidente
Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université

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